LE BLOG DE CHRISTEL

LE BLOG DE CHRISTEL
Chabadabada.....

Le dessin ci-dessus est de François Matton

jeudi 31 mars 2016

Renouveau



Il y a le renouveau. 

Il reprend. 

Il se surprend... 

à penser.. 

à écrire... 

et à être. 




Le renouveau, c'est aujourd'hui l'envie de recommencer à écrire et à partager ses pensées. Donc, je reprends et me surprend à penser, à écrire et à être, de nouveau. Tout au moins de nouveau présente sur la toile car d'être, je n'ai cessé. Juste un peu disparue cybernétiquement.


Photos : Vassy Valdallière (France-Normandie)
 © Christel




jeudi 7 janvier 2016

Pont de neige

Le pont, la neige et le manège
Mercredi sur le pont, sous la neige
Il fait froid, il fait gris et triste,
Et soudain, je pense au manège.
à celui des gens qui m'attriste.

Le manège, il tourne et tourne,
semble vouloir nous étourdir.
sans savoir de quoi il en retourne,
les gens semblent avoir à dire. 

"Et un, ce n'est pas possible
On les accueille les bras ouverts
ces files et files impossibles
et nous voilà bien verts ! "

"Et deux, mais bien sûr, 
que croyez-vous donc ?
si on accepte quelconque,
avec toutes ces blessures, 

c'est évident les problèmes ! "
Et trois, quel dilemme ! 
Que faire avec eux? 
Les renvoyer chez eux? 

Et moi, sur le pont, je pense
que tout cela est terrible ! 
d'opiner je me dispense, 
me sens soudain faillible. 

Pourtant, il faut bien dire
quelque chose de sensé. 
Pourtant il faut rebondir, 
et puis tenter de compenser. 

Sûrement une chose intelligente
penser, dire, en contre de tout cela. 
Sûrement une chose encourageante, 
Mais sur le pont, non, rien de cela. 

Demain peut-être, tiens j'en parlerai
à mes amis de tous les pays. 
Eux sauront quoi d'autre opiner
J'en suis certaine, pardi !

lundi 27 octobre 2014

Le billet du lundi: du goût pour les montres et diverses pendules




Une heure de moins hier et donc, il m’a fallu changer l’heure sur les diverses montres et pendules de la maison. Je n’y peux rien et je l’avoue bien: j’aime les montres et les pendules. J’en possède… un certain nombre. Je me fiche royalement de la polémique vue sur Karambolage (l’émission franco-allemande d’Arte) sur le changement d’heure revu et revisité de par son histoire à divers reportages sur l’éternelle question de savoir si cela fait réellement faire des économies à tout le monde:  le changement d’heure, pour moi, a un effet positif. Il m’oblige à remettre à l’heure montres et pendules que je possède, appareils numériques en moins puisqu’ils se débrouillent tout seuls.
Et cette opération me rappelle l’histoire de chacun de ces objets offerts, acquis ou hérités. De mes grands-parents, j’ai hérité deux vieilles montres, qui se remontent à la main. Je les aime beaucoup, elles me rappellent le côté humain de la vie. Sa mécanique effectivement. Si on oublie de tourner la manivelle, rien ne se passe, tout se bloque. Une est à gousset et c’est un objet que j’aime avoir en main. Je me demande toujours combien de fois mon arrière grand-père a fait ce geste de regarder l’heure sur cette montre.
Ma première montre de communiante, premier objet de valeur avec la croix allant de pair que j’ai eues en cadeau. En argent pour la montre, en or pour la croix. Je les ai toutes deux peu portées car très vite ce fût la mode des montres à cadran numérique et des pendants de couleur. Pendant longtemps, je n’ai eu que ce genre de montres numériques et avais oublié comment lire l’heure sur une montre traditionnelle ! Je ne les pas toutes gardées ces différentes casio numériques, mais j’en ai encore une de l’époque, au cadran bien abîmé. Pendant longtemps, j’ai eu des montres avec des bracelets en cuir. Depuis 15 ans, je suis passée aux montres à bracelet métalliques car ma peau, aussi bizarre que cela puisse sembler, mange le cuir bien trop vite !
Je me suis donc racheté une montre traditionnelle avec bracelet métallique avec mon premier salaire véritable. Une citizen qui marche encore malgré son cadran rayé. Je n’ai pas refait la même erreur plusieurs années plus tard en me rachetant l’actuelle Citizen au cadran quasi inrayable. Et puis il y a les montres coup de coeur… celles que je en porte pas tous les jours mais parce qu’elles sont assorties au goût du jour.
Citer les marques serait inutile, ce ne sont pas des montres très chères, du moins pas de luxe. Il y a en vrac une Skagen, une DKNY, une S.Olliver, une Fossil, trois ou quatre sans marques fantaisies…
Mes pendules personnalisées en porcelaine algérienne, en forme d’assiette peuplent les pièces. J’ai dû en supprimer certaines trop bruyantes qui énervaient mon compagnon !  Dommage car j’aime le tic-tac de la pendule dans la pièce. Je conçois cependant que ce ne soit pas agréable pour tous, donc concession…
Depuis hier, de nouveau à l’heure d’hiver, donc. La chronotype tardive que je suis ne peux que s’en réjouir !

dimanche 8 juin 2014

Berlin wieder flüssig: falsch !

Berlin (sans fluides) au contraire de ce que dit la pub de bière de la Schultheiss, bière berlinoise.

33 degrès, cet après-midi :)

dimanche 11 mai 2014

Alexis Jenni: L'art français de la guerre

Cela fait longtemps que je me suis pas livrée à l’exercice de présenter un livre. D’habitude, d’ailleurs plutôt des romans policiers puisque cela reste, de loin, mon genre préféré. Mais suite à un échange sur un précédent billet, je me suis décidé à parler de ce livre, qui m’a impressionnée en 2014. Son auteur Alexis Jenni a gagné le prix Goncourt en 2011. La critique, pour ce que j’ai pu en lire a été élogieuse.


























Ce roman a un titre, je dois l’avouer, plus que rébarbatif: L’Art français de la guerre. Je ne l’aurais sûrement pas acheté de premier abord. Erreur.
Le roman se construit sur un constant aller-retour entre des passages que narrent un jeune homme désœuvré, reclus dans la banlieue lyonnaise, qui se déroulent dans une France d’aujourd’hui,- tellement d’aujourd’hui d’ailleurs qu’on en reste un peu ébahi à la lecture de certains passages- et les récits guerriers que lui fait le personnage Victorien Salagnon, ancien résistant devenu parachutiste en Indochine et en Algérie. La composition de ce roman construit sur cette alternance de récit à deux voix, celui qui narre et qui essaie de vivre aussi un peu et celui qui peint. Le peintre qui raconte en dessins mais qui au travers de la rencontre se livre tout entier. Il livre non pas seulement sa personne d’ailleurs, il livre une Histoire au travers d’histoires. Livrer est d’ailleurs le terme le plus juste pour ce livre qui parle, avant tout, et c’est ce qui m’a peut-être le plus fascinée, de la question de la transmission. La transmission de l’Histoire ou des histoires d’une génération à l'autre.
Nous le savons et nous ne pouvons l’ignorer, à moins de vouloir nous aveugler nous-même, le passé a une grande influence sur le présent. Ce livre nous parle de cela, justement. D’où vient la situation que nous vivons aujourd’hui en France ? Racisme, nationalisme, repli sur soi, peur de l’autre sous toutes ses formes ? Ces idées ne viennent pas de nulle part mais bien de notre histoire. Il ne s’agit pas non plus de juger l’Histoire, juste d’essayer de la comprendre. Pour se faire, pas d’autre choix que de la montrer dans toute sa cruauté, avec honnêteté.
L’Art francais de la guerre, c’est un peu un « roman à thèse » ou les personnages dissertent et en dissertant nous amènent à une forme de compréhension du monde et à une forme de condamnation de la guerre tout en la rendant si présente qu’elle en écœure. En lisant ce livre, je me suis demandé à plusieurs reprises si un roman sur la guerre pouvait être autre chose qu'un roman contre la guerre? Je me suis aussi demandé si le roman que je lisais était une ode au fascisme, où la violence refoulée et l'obsession de la race est là de manière quasi permanente et ou je lisais un livre gauchiste qui dénonce une certaine militarisation de la police française ou même des citoyens eux-mêmes face à « l’envahisseur » immigré ?
Dans le livre, il y a aussi une forme de condamnation de l’l’héroïsme. Les guerres de colonisation sont de sales guerres, suivies de parfaits exemples de décolonisation ratée, c’est ce qui ressort de la narration. A un moment, le narrateur demande au vétéran s’il a torturé, question que beaucoup de ma génération ont souhaité poser à leurs parents ayant fait la fameuse guerre. Il répond qu’ils ont fait pire: «Nous avons manqué à l’humanité.»
Et puis il y a ces passages qui parlent à la française vivant à l’étranger que je suis. D’une manière tellement forte que, je l’avoue, j’ai dû arrêter de respirer quelques secondes après les avoir lus, et les ai relus, plus posément pour comprendre ce qui m’avait profondément dérangée dans la lecture.
Par exemple, celui-ci.
« La France m’exaspérait avec son grand F emphatique, le F majuscule comme le prononçait de Gaulle, et maintenant comme plus personne n’ose le prononcer. Cette prononciation du grand F, plus personne n’y comprend rien. J’en ai assez de ce grand F dont je parle depuis que j’ai rencontré Victorien Salagnon. J’en ai assez de cette majuscule de travers, mal conçue, que l’on prononce avec un sifflement de menace, et qui est incapable trouver toute seule son équilibre : elle penche à droite, elle tombe, ses branches asymétriques l’entraînent ; le F ne tient debout que si on le retient par la force. Je prononce le grand F à tout bout de champ depuis que je connais Victorien Salagnon, je finis par parler de la France majuscule autant que de Gaulle, ce menteur flamboyant, ce romancier génial qui nous fit croire par la seule plume, par le seul verbe, que nous étions vainqueurs alors que nous n’étions plus rien. Par un tour de force littéraire il transforma notre humiliation en héroïsme : qui aurait osé ne pas le croire ? Nous le croyions : il le disait si bien. Cela faisait tant de bien. Nous crûmes très sincèrement nous être battus. Et quand nous vînmes nous asseoir à la table des vainqueurs, nous vînmes avec notre chien pour montrer notre richesse, et nous lui donnâmes un coup de pied pour montrer notre force. Le chien gémit, nous le frappâmes encore, et ensuite il nous mordit.
La France se dit avec une lettre mal faite, aussi encombrante que la croix du Général à Colombey. On a du mal à prononcer le mot, la grandeur emphatique du début empêche de moduler correctement le peuple de minuscules qui la suit. Le grand F expire, le reste du mot se respire mal, comment parler encore ?
Comment dire ?
La France est une façon d’expirer.
Tout le monde ici pousse des soupirs, nous nous reconnaissons entre nous par ces soupirs, et certains las de trop de soupirs s’en vont ailleurs. Je ne les comprends pas ceux qui partent ; ils ont des raisons, je les connais, mais je ne les comprends pas. Je ne sais pas pourquoi tant de Français vont ailleurs, pourquoi ils quittent ce lieu d’ici que je n’imagine pas laisser, je ne sais pas pourquoi ils ont tous envie de partir. Pourtant ils s’en vont en foule, ils déménagent avec une belle évidence, ils sont presque un million et demi, cinq pour cent loin d’ici, cinq pour cent du corps électoral, cinq pour cent de la population active, une part considérable d’entre nous, en fuite.
Jamais je ne pourrais partir ailleurs, jamais je ne pourrais respirer sans cette langue qui est mon souffle. Je ne peux me passer de mon souffle. D’autres le peuvent, semble-t-il, et je ne le comprends pas. Alors je demandai à un expatrié, revenu quelques jours en vacances, juste avant qu’il ne reparte là où il gagnait beaucoup plus d’argent que je n’ose en rêver, je lui demandai : « Tu n’as pas envie de revenir ? » Il ne savait pas. « Tu ne regrettes pas la vie d’ici ? » Car je sais qu’ailleurs on aime la vie d’ici, ils le disent souvent. « Je ne sais pas, me répondit-il, l’œil vague, je ne sais pas si je reviendrai. Mais je sais (et là sa voix se fit ferme, et il me regarda en face) je sais que je serai enterré en France. »
Je ne sus quoi répondre tant j’étais surpris, encore que répondre ne soit pas le mot : je ne sus comment continuer d’en parler. Nous parlâmes d’autres choses, mais depuis j’y pense toujours.
Il vit ailleurs, mais veut être mort en France. J’étais persuadé que le corps mort, frappé d’ataraxie et de surdité, d’anosmie, d’aveuglement, et d’insensibilité générale, était indifférent à la terre où il se dissout. Je le croyais, mais non, le corps mort encore tient à la terre qui l’a nourri, qui l’a vu marcher, qui l’a entendu bredouiller ses premiers mots selon cette façon particulière de moduler le souffle. Bien plus qu’une façon de vivre, la France est une façon d’expirer, une façon de presque mourir, un sifflement désordonné suivi de minuscules sanglots à peine audibles.
La France est une façon de mourir ; la vie en France est un long dimanche qui finit mal.
Cela commence tôt pour un sommeil d’enfant. La fenêtre est brusquement ouverte, les volets poussés, et la lumière vient dedans. On sursaute en plissant les yeux, on voudrait se renfoncer sous le drap maintenant tout froissé par la nuit, qui ne correspond plus à la couverture, mais on nous demande de nous lever. On se lève les yeux bouffis, on avance à petits pas. Les tartines sont taillées dans un large pain, on les trempe, et ce spectacle est un peu dégoûtant. Il faut finir le grand bol que l’on porte à deux mains, et que l’on laisse longuement devant le visage.
Les habits neufs sont étendus sur le lit, ceux que l’on ne met pas souvent, pas assez pour les assouplir et les aimer mais il faut les mettre et veiller à ne pas les froisser ni les salir. Ils ne sont jamais tout à fait de la bonne taille car on ne les use pas et ils durent trop. Les chaussures sont trop étroites d’avoir été si peu portées, leurs bords non assouplis blessent les chevilles, et le tendon derrière, là où se trouent les chaussettes.
On est prêt. La gêne et les douleurs ne se voient pas, l’ensemble vu du dehors est impeccable, on ne peut nous faire aucun reproche. On passe le cirage sur les chaussures, déjà elles font mal, mais peu importe. On marchera peu.
On va à l’église ; on va à l’assemblée — « on » c’est personne en particulier. On va ensemble et cela serait dommage que l’on soit absent. On se lève, on s’assoit, on chante comme tout le monde, très mal, mais il n’est pas d’autre fuite que de n’être pas ensemble, alors on reste, et on chante, mal. Sur le parvis on échange des politesses ; les souliers font mal.
On achète des gâteaux que l’on fait ranger dans un carton rigide, blanc, très net. On tient le carton par le bolduc qui fait boucle au centre, dans un geste délicat. On avancera sans le secouer car dedans cohabitent de petits châteaux de crème, de caramel et de beurre. Ce sera l’achèvement du repas considérable qui déjà mijote.
C’est dimanche, les souliers font mal, on prend place devant l’assiette que l’on nous a désignée. Tout le monde s’assoit devant une assiette, tout le monde a la sienne ; tout le monde s’assoit avec un soupir d’aise mais ce soupir ce peut être aussi un peu de lassitude, de résignation, on ne sait jamais avec les soupirs. Personne ne manque, mais peut-être voudrait-on être ailleurs ; personne ne veut venir mais l’on serait mortifié si l’on ne nous invitait pas. Personne ne souhaite être là, mais l’on redoute d’être exclu ; être là est un ennui mais ne pas y être serait une souffrance. Alors on soupire et l’on mange. Le repas est bon, mais trop long, et trop lourd. On mange beaucoup, beaucoup plus que l’on ne voudrait mais l’on ressent du plaisir, et peu à peu la ceinture serre. La nourriture n’est pas qu’un plaisir elle est aussi matière, elle est un poids. Les souliers font mal. La ceinture s’enfonce dans le ventre, elle gêne le souffle. Déjà, à table, on se sent mal et on cherche de l’air. On est assis avec ces gens-là pour toujours et on se demande pourquoi. Alors on mange. On se le demande. Au moment de répondre, on avale. On ne répond jamais. On mange.
De quoi parle-t-on ? De ce que l’on mange. On le prévoit, on le prépare, on le mange : on en parle toujours, ce que l’on mange occupe la bouche de différentes façons. La bouche, en mangeant, on l’occupe à ne rien dire, on l’occupe pour ne plus pouvoir parler, à combler enfin ce tuyau sans fond ouvert sur dehors, ouvert sur dedans, cette bouche que l’on ne peut boucher, hélas. On s’occupe à la remplir pour se justifier de ne rien dire.
(….)"
J’ai mis un peu de temps à comprendre pourquoi ou comment la langue d’Alexis Jenni m’avait transformée aussi. Sûrement parce que sa vision de la France est en partie la mienne. Sûrement parque que les questions qu’il se pose, depuis que je ne vis plus en France, je me les pose avec encore plus d’acuité qu’auparavant quand j’y vivais.
En tous les cas, ce n’est pas un livre à ignorer, que l’on vive en France ou pas.
Parce qu’il est honnête, en partie,  mais aussi parce qu’il nous bouscule, et c’est bien de se faire bousculer par un livre. C’est moins douloureux que l’on ne croit tout en étant plus important qu’on ne l’imagine.
Pour faire un très mauvais jeu de mots, le coup de génie de Jenni, avec ce livre, ne peut être ignoré. 

Réjouissez-vous, freut euch doch !

C'est un article du Zeit qui s'appelle "Freut euch doch!. Dieses Land übersieht die Erfolge von Migranten" de Timi Lochocki que j'ai lu la semaine dernière. Traduit, le titre pourrait être "Mais réjouissez-vous donc ! Ce pays ne mesure pas l'ampleur du succès des migrants"

Photo:  REGIERUNGonline/Kugler














Un titre aussi positif sur les migrants, cela a attiré mon attention puisqu'en ce moment la presse française mais aussi européenne donne plus souvent une vision négative de la chose migration. J’ai donc lu avec plaisir cette bonne dose d’optimisme avant de lire qui était son auteur. Ce qu’il dit, c’est que après 50 années de débats sur l’intégration des émigrés est encore coupée en deux entre ce qu’il nomme « das Rechtskonservative », les conservateurs de droite qui, dit-il, considèrent que cette immigration est nécessaire pour des raisons économiques en s’appuyant sur l’idée de «Leitkultur » (culture de référence ou dominante) et les « Linksliberale » (les libéraux de gauche) qui, eux, prônent le multiculturalisme et suspectent les premiers de racistes. Il dit que ce dont l’Allemagne a besoin, c’est d’une autre conception de son identité, qu’il nomme une culture de la reconnaissance.
L’autre jour, nous avions invité des philosophes et je me suis familiarisée avec cette théorie philosophique allemande que je ne connaissais guère (ignare que je suis de toute la philosophie moderne) de l’ « Anerkennung », la reconnaissance de l’autre. Axel Honneth. Passionnantes discussions et voilà que je retrouve, sous une autre forme, et dans un autre forme de débat ce concept.
Mais revenons au positif de cet article. Après avoir souligné les différences d’opinion, l’auteur nous dit que la réalité est que les deux partis, plutôt que de souligner leurs différences sur la question, devraient se réjouir de la réussite apparente des émigrés en Allemagne, et ce même si les chances des enfants de ces migrants ne sont pas toujours les mêmes que celles des enfants allemands. Les enfants issus de parents migrants doivent travailler plus pour réussir, d’après lui.
Il dit : « Und wo sind die großen rechtspopulistischen  Anti-Multikulturalismus Parteien? Sie spielen keine Rolle. Die „alten“ Deutschen akzeptieren die „neuen“ als gleichberechtigte Mitbürger.“ Traduction: Et où sont les grands partis populistes de droite anti multi-culturalistes? Ils ne jouent aucun rôle. Les „vieux“ allemands acceptent les „nouveaux“ comme des citoyens égaux en droit.  
Il finit son article sur une positive note en disant que tous les citoyens migrants ou issus de l’immigration et les autres partagent après tout le même espoir et que l’important est bien dans la mise en place d’un système de formation qui permette à tous de réussir et non pas de débattre de manière stérile en déterrant de vieilles questions amenant la discorde plus que l’entente.
Loin de dire que tout est rose en Allemagne et de défendre le modèle choisi coute que coute, je ne peux que constater que cela fonctionne un chouillas mieux qu’en France quand il y a de l’emploi pour tous. Réalité allemande aussi, il y a du travail, pas toujours très bien payé, pas toujours sur des contrats protégeant le travailleur, pas non plus dans toutes les régions d’Allemagne, mais oui, il y a une différence avec la situation de l’emploi en France. Ma question est et reste aujourd’hui. Est-ce cela uniquement, est ce que c’est parce la situation économique en Allemagne est meilleure que, du coup, l’intégration fonctionne mieux ? Pourquoi est-ce que la différenciation dans les courants politiques, ce que l’auteur nomme droite/culture dominante, gauche/multiculturalisme semble plus marquée en Allemagne qu’en France où, très honnêtement, je ne m’y retrouve plus tant que cela moi-même. Et oui, bête que je suis, je croyais aussi que de gauche, on ne pouvait être raciste et surtout mener des politiques de ségrégation, de droite on était toujours conservateur et cela se pouvait donc plus justifier.
Bref cet article me pose plus de questions que ne m’apporte de réponses. Et en plus, comme j’ai le temps de penser puisque je suis pour une petite semaine en vacances en France, je me suis mise à poser mes doutes sur le blog, ce que je n’ai point fait depuis longtemps. Oups, mon dernier article date de mai 2013.
L’article est là en langue allemande : http://www.zeit.de/2014/13/migration-erfolge-deutschland
L’auteur est un spécialiste des mouvements d’extrême droite dans le nord de l’Europe. Il a écrit sa thèse sur le sujet « Hard Times in the Lands of Plenty ». Il est chercheur en sciences sociales.


jeudi 9 mai 2013

Grève du personnel de la santé publique en Espagne


Nouvelle idée de blog en plusieurs langues possibles pour les contributions, pas uniquement le français ! Il s'agit de discuter de thèmes d'actualités. Aujourd'hui la question de la privatisation partielle du système de santé en Espagne. 

Hay o no hay que privatizar? Mi repuesta inicial sería no, aunque en Francia los dos sistemas existen. La verdad, no se que pensar. Y vosotros? 
Faut-il ou ne faut-il pas privatiser ? En France les deux systèmes co-existent. Je ne sais trop que penser. 
Et vous?


VIDEO
Grève du personnel de la santé publique en Espagne | euronews, no comment

Pensée du jour.

Quelques jours plus tôt, les autorités de Madrid avaient pris tout le monde de court, en envoyant à la retraite anticipée pas moins de 700 spécialistes, au nom des économies budgétaires. L'AFEM a choisi ce 3 mai symbolique pour riposter, et mettre en scène desFusillades de la santé publique madrilène. Certains des figurants ont enfilé un masque d'Anonymous, manière de rappeler que nous sommes bien au XXIe siècle (voir d'autres photos de l'interventionsur le site d'El País).

Article de Ludovic Lamant sur Mediapart aussi: 
http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/060513/goya-la-maree-blanche-madrilene-et-la-crise-en-europe



Une affiche de campagne de l'AFEM.


Hay o no hay que privatizar? Mi repuesta inicial sería no, aunque en Francia los dos sistemas existen. La verdad, no se que pensar.